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Ce que vous devez faire maintenant
Caractériser la condensation avant de traiter
Commencez par localiser le symptôme, noter quand il apparaît et mesurer l’humidité à plusieurs moments. Cherchez aussi un indice visible de fuite ou d’entrée d’eau.
- Symptôme localisé et moment d’apparition notéPièce, paroi, fenêtre, météo ou usage au moment où le problème apparaît.
- Humidité mesurée à plusieurs momentsUn relevé isolé ne suffit pas à caractériser une situation durable.
- Indices visibles de fuite ou d’entrée d’eau recherchésIl s’agit de vérifier des indices, pas de conclure à l’absence de fuite.
À éviter : Acheter un déshumidificateur uniquement parce qu’une pièce paraît humide, sans mesure ni vérification de la cause.
Suivre ces vérifications pas à pas
La réponse courte. La buée apparaît quand l’air chaud et humide de la pièce touche une surface froide, vitrage ou châssis : la vapeur d’eau s’y condense. Elle signale un air trop chargé en humidité, une surface trop froide, ou les deux. Qualitel donne un taux d’humidité recommandé compris entre 40 et 60 %.
L’eau apparaît sur une vitre parce que cette vitre est plus froide que le reste de la pièce. Rien d’autre. La condensation ne dépend pas d’un pourcentage d’humidité magique : elle se produit lorsqu’une surface devient assez froide pour atteindre le point de rosée de l’air qui la touche. C’est une température, pas un taux, et c’est pour ça que la buée se dépose sur la fenêtre et pas sur le mur d’en face.
À retenir
- Trois choses expliquent une vitre qui ruisselle : l’humidité de l’air, la température de l’air, et la température de la surface.
- Le point de rosée est la température à laquelle l’air devient saturé. Toute surface plus froide que cette valeur peut se couvrir d’eau.
- Il n’existe pas de seuil universel : à 20 °C, le point de rosée est d’environ 6 °C quand l’air est à 40 % d’humidité, et d’environ 16 °C quand il est à 80 %.
- Deux logements affichant la même humidité ne condensent pas aux mêmes endroits, parce que leurs surfaces n’ont pas la même température.
Pourquoi la condensation se forme
L’air d’un logement contient toujours de l’eau, sous forme de vapeur invisible. Vous en produisez en respirant, en cuisinant, en prenant une douche, en faisant sécher du linge. Tant que cette vapeur reste de la vapeur, vous ne la voyez pas.
Elle redevient liquide au contact d’une surface suffisamment froide. Le CEREMA le décrit ainsi pour le bâtiment : en période froide, lorsque l’air se refroidit au cours de son parcours et atteint le point de rosée, il y a condensation. Qualitel fait le même constat pour un logement : un air chaud et humide qui rencontre une surface froide peut condenser, et l’écart de température entre l’air et la surface joue un rôle.
La buée n’est donc pas de l’eau qui sort du mur. C’est de l’eau qui était déjà dans la pièce, et qui a trouvé un endroit assez froid pour se déposer.
Le point de rosée, sans jargon
Deux définitions officielles, qui disent la même chose de deux façons.
Pour une pression donnée, température à laquelle l’humidité contenue sous forme de vapeur d’eau dans l’air commence à se condenser en gouttelettes.
Source : CEREMA
Température à laquelle l’air doit être refroidi pour devenir saturé en vapeur d’eau.
Source : Organisation météorologique mondiale
Autrement dit : c’est la température à laquelle l’air ne peut plus garder toute sa vapeur. Le CEREMA précise dans un autre document que cela correspond à la saturation, soit 100 % d’humidité relative.
Le point important : le point de rosée n’est pas une valeur fixe. Il dépend à la fois de la température de l’air et de son humidité. Il change donc chez vous d’une heure à l’autre.
À quelle température une surface commence à condenser
C’est calculable. Météo-France publie la formule empirique de Tétens, qui donne la pression de vapeur saturante en fonction de la température, et dont on déduit le point de rosée pour une humidité donnée.
La méthode, en clair
Formule de Tétens telle que publiée par Météo-France :
ew(T) = 6,107 × 10^(7,5 T / (237,3 + T)). Le point de rosée est la température à laquelle la pression de vapeur saturante égale la pression de vapeur de l’air, soitγ = log₁₀(HR / 100) + 7,5 T / (237,3 + T)puisTd = 237,3 γ / (7,5 − γ).Les valeurs ci-dessous sont le résultat de ce calcul, arrondi au dixième de degré. Ce sont des calculs, pas des mesures, et ce n’est pas une norme de bâtiment.
Point de rosée en fonction de la température de l’air et de son humidité relative. Calcul Ma Maison Résiste à partir de la formule de Tétens publiée par Météo-France.
| Température de l’air | 40 % HR | 50 % HR | 60 % HR | 70 % HR | 80 % HR |
|---|---|---|---|---|---|
| 18 °C | ≈ 4,2 °C | ≈ 7,4 °C | ≈ 10,1 °C | ≈ 12,5 °C | ≈ 14,5 °C |
| 20 °C | ≈ 6,0 °C | ≈ 9,3 °C | ≈ 12,0 °C | ≈ 14,4 °C | ≈ 16,4 °C |
| 22 °C | ≈ 7,8 °C | ≈ 11,1 °C | ≈ 13,9 °C | ≈ 16,3 °C | ≈ 18,4 °C |
18 °C
- 40 % HR
- ≈ 4,2 °C
- 50 % HR
- ≈ 7,4 °C
- 60 % HR
- ≈ 10,1 °C
- 70 % HR
- ≈ 12,5 °C
- 80 % HR
- ≈ 14,5 °C
20 °C
- 40 % HR
- ≈ 6,0 °C
- 50 % HR
- ≈ 9,3 °C
- 60 % HR
- ≈ 12,0 °C
- 70 % HR
- ≈ 14,4 °C
- 80 % HR
- ≈ 16,4 °C
22 °C
- 40 % HR
- ≈ 7,8 °C
- 50 % HR
- ≈ 11,1 °C
- 60 % HR
- ≈ 13,9 °C
- 70 % HR
- ≈ 16,3 °C
- 80 % HR
- ≈ 18,4 °C
Lisez la ligne des 20 °C. À 40 % d’humidité, il faut qu’une surface descende sous 6 °C pour que l’eau s’y dépose : c’est rare dans un logement chauffé. À 80 %, le seuil monte à 16,4 °C, et beaucoup de surfaces deviennent concernées : le bas d’une fenêtre, un angle de mur, l’arrière d’un meuble collé à une paroi extérieure.
Prenons une surface à 11 °C, dans une pièce à 20 °C.
Air à 20 °C et 60 % d’humidité relative → point de rosée ≈ 12,0 °C (calcul Ma Maison Résiste)
| Surface | Température | Résultat |
|---|---|---|
| Mur intérieur | 18 °C | Au-dessus du seuil |
Mur intérieur
- Température
- 18 °C
- Résultat
- Au-dessus du seuil
Une surface sous le seuil peut se couvrir d’eau ; au-dessus, la condensation n’est pas attendue. Les températures de surface sont un exemple pédagogique, pas des mesures relevées dans un logement réel. Elles servent à montrer le mécanisme, pas à décrire votre cas.
Cette même surface à 11 °C change de statut selon l’humidité de la pièce, sans qu’on y touche : au-dessus du point de rosée à 40 %, juste en dessous à 60 %, nettement en dessous à 80 %. C’est exactement pour cette raison qu’agir sur l’humidité de l’air peut faire disparaître la buée d’une fenêtre qui, elle, n’a pas changé.
Pourquoi les fenêtres en premier
Parce qu’un vitrage est presque toujours la surface la plus froide d’une pièce chauffée. Il sépare l’intérieur de l’extérieur avec beaucoup moins de matière qu’un mur, et sa température de surface suit davantage celle du dehors. C’est donc là que le seuil est franchi en premier.
Le même raisonnement vaut pour les surfaces froides moins visibles. Le CEREMA définit le pont thermique comme une zone pouvant créer des surfaces froides localisées sur lesquelles la condensation peut se déposer : un angle de mur, une jonction, le pourtour d’une menuiserie. Cela explique une observation fréquente : une pièce à 50 ou 60 % d’humidité, sans rien d’anormal au milieu de la pièce, mais une tache qui revient toujours au même angle.
C’est aussi ce que rappelle notre article sur le taux d’humidité à viser : le chiffre affiché au centre d’une pièce ne décrit pas ce qui se passe sur une paroi froide.
Pourquoi surtout le matin et en hiver
Plusieurs facteurs se combinent, et aucun ne suffit à lui seul.
- En hiver, les surfaces sont plus froides. L’écart entre la température de l’air intérieur et celle du vitrage augmente, et le seuil est plus facilement franchi. Le CEREMA situe explicitement le phénomène en période froide.
- La nuit, l’humidité s’accumule dans une pièce fermée. Qualitel rappelle que l’humidité produite par les occupants et par des activités comme la douche ou le bain accentue le phénomène.
- Au petit matin, le chauffage a souvent moins tourné. Les surfaces sont à leur plus froid au moment où l’air est à son plus humide.
Voir de la buée sur la fenêtre d’une chambre au réveil est donc courant, et ne suffit pas à conclure que le logement est trop humide. Ce qui doit alerter, c’est la persistance : de l’eau tous les jours, qui ne s’évapore pas dans la journée, ou qui laisse des traces.
Humidité ou surface froide : distinguer
Puisque la condensation demande les deux, de l’humidité dans l’air et une surface froide, la question utile est de savoir lequel des deux domine chez vous. Trois observations orientent, sans remplacer l’avis d’un professionnel.
Trois observations et ce qu’elles suggèrent. Ce n’est pas un diagnostic.
| Ce que vous observez | Ce que cela suggère |
|---|---|
| De la condensation dans plusieurs pièces, sur beaucoup de surfaces | L’humidité de l’air est probablement élevée dans tout le logement. Regarder d’abord la ventilation et la production de vapeur. |
| De la condensation sur une seule zone, toujours la même | Une surface localement froide est probablement en cause : angle, jonction, pourtour de menuiserie. |
| De l’humidité qui persiste malgré une aération correcte et une ventilation en état | L’origine est probablement ailleurs. Le ministère de la Santé renvoie à l’infiltration, la fuite, la remontée capillaire ou le pont thermique. |
De la condensation dans plusieurs pièces, sur beaucoup de surfaces
- Ce que cela suggère
- L’humidité de l’air est probablement élevée dans tout le logement. Regarder d’abord la ventilation et la production de vapeur.
De la condensation sur une seule zone, toujours la même
- Ce que cela suggère
- Une surface localement froide est probablement en cause : angle, jonction, pourtour de menuiserie.
De l’humidité qui persiste malgré une aération correcte et une ventilation en état
- Ce que cela suggère
- L’origine est probablement ailleurs. Le ministère de la Santé renvoie à l’infiltration, la fuite, la remontée capillaire ou le pont thermique.
Une remarque qui évite bien des erreurs : on peut avoir de la condensation sans avoir un logement globalement trop humide. Une seule surface assez froide suffit.
Intérieur, entre les vitres, extérieur
Tout ce qui précède concerne la condensation sur la face intérieure du vitrage, celle que vous pouvez essuyer. C’est le cas le plus fréquent, et le sujet de cette page.
De la buée entre les deux vitres ?
C’est un autre sujet. La présence de condensation entre les vitres d’un vitrage isolant scellé peut signaler un problème d’étanchéité, ou une entrée d’humidité dans l’espace normalement scellé : c’est ce que documente le Conseil national de recherches du Canada.
Cela ne permet pas de conclure à une fenêtre défectueuse, et cela ne se traite pas en agissant sur l’humidité de la pièce : l’eau se trouve dans un espace auquel vous n’avez pas accès. Si le phénomène est durable, l’avis d’un professionnel du vitrage est la bonne étape.
La condensation sur la face extérieure du vitrage correspond à un cas différent, que nous ne traitons pas ici.
Que faire pour réduire la condensation
Dans cet ordre, en gardant à l’esprit qu’on peut agir sur l’humidité de l’air, sur la température des surfaces, ou sur les deux.
- Essuyer l’eau déjà déposée. Peu spectaculaire, mais elle finirait par retourner dans l’air de la pièce ou par imprégner la menuiserie.
- Réduire la production de vapeur quand c’est possible. Couvrir les casseroles, aérer pendant et après la douche, éviter de faire sécher le linge dans une pièce fermée : l’ADEME recommande le séchage à l’extérieur ou dans une pièce bien ventilée.
- Aérer, et vérifier la ventilation. L’ADEME range la condensation aux fenêtres parmi les signes d’une humidité mal évacuée. Une entrée d’air obstruée ou une bouche encrassée peut y contribuer.
- Maintenir une température plus régulière. Une pièce qui refroidit fortement la nuit voit ses surfaces descendre, et le seuil se rapprocher.
- Identifier la surface froide. Si la condensation est localisée, c’est elle qu’il faut regarder, pas l’hygromètre.
- Chercher une cause structurelle si le phénomène est localisé et persistant. Le ministère de la Santé rappelle que traiter un symptôme sans corriger sa cause n’empêche pas son retour.
- Envisager un déshumidificateur seulement dans les cas où l’humidité de l’air est en cause, et seulement après avoir écarté les précédents. Ce qu’un tel appareil peut et ne peut pas faire est expliqué sur la page Déshumidificateurs.
Pour savoir où en est réellement l’humidité de votre pièce, encore faut-il la relever correctement : c’est l’objet de notre guide sur comment mesurer l’humidité d’une pièce.
Quand arrêter l’autodiagnostic
Certains signes ne relèvent plus de la compréhension du phénomène mais d’un examen du bâtiment : une trace qui s’étend, du salpêtre, une auréole, une dégradation qui persiste, des moisissures étendues, ou de la condensation entre les vitres d’un vitrage scellé.
À ce stade, la question n’est plus « pourquoi de l’eau se dépose ici » mais « d’où vient cette eau », et elle se règle avec un professionnel. L’Organisation mondiale de la santé place d’ailleurs la priorité sur la prévention de l’humidité persistante sur les surfaces et dans la structure du bâtiment, pas sur le traitement de ses manifestations.
Limites
Les définitions du point de rosée viennent du CEREMA, établissement public, et de l’Organisation météorologique mondiale. L’application au logement vient de Qualitel, association spécialisée du logement, et de l’ADEME. Le rappel sur la recherche de cause vient du ministère de la Santé. Le point sur les vitrages scellés vient du Conseil national de recherches du Canada.
Les températures de point de rosée sont calculées par nous à partir de la formule de Tétens publiée par Météo-France, et sont signalées comme telles. Ce ne sont ni des mesures, ni une norme. Les températures de surface de l’exemple sont pédagogiques et ne décrivent aucun logement réel.
Ma Maison Résiste n’a réalisé aucune mesure sur le terrain. Notre méthode est publique : lire la méthodologie.
Aucun produit n’a été testé pour cette analyse documentaire.
Sources et références
- Condensation sur les fenêtres : causes et solutions, Qualitel.
- Moisissures dans les bâtiments, Anses.
- Perméabilité à l'air de l'enveloppe des bâtiments, CEREMA.
- Humidité, condensation et entretien des structures des phares, CEREMA.
- OSCAR et International Cloud Atlas, Organisation météorologique mondiale.
- formule empirique de Tétens pour la pression de vapeur saturante, base du calcul du point de…, Météo-France.
- Respirer un air sain chez soi, ADEME.
- Moisissures dans le logement, Ministère de la Santé.
- Guidelines for Indoor Air Quality: Dampness and Mould, Organisation mondiale de la santé.
- condensation dans l'espace scellé d'un vitrage isolant, Conseil national de recherches du Canada.